Par : CDI monet
Publié : 8 octobre 2016

Les correspondants de guerre s’invitent au Lycée Claude Monet

Durant une semaine, les élèves de 1ère L2 se sont mis dans la peau d’apprentis journalistes.

Lundi 3 octobre 2016, ils ont participé au Prix des lycéens pour le Prix Bayeux visionnant 10 reportages de guerre et votant pour les départager.
Nous avons accueilli deux élus de la ville de Bayeux et 2 autres classes venant du Havre et de Bolbec.
A la suite du vote, ils ont eu la chance d’interviewer une journaliste rwandaise exilée en France depuis trois mois et le mardi 4 octobre 2016 d’écrire des articles pour l’édition du journal « Citoyen du monde ».

Pour être efficaces, ils ont préparé une grille d’évaluation des vidéos, les questions adressées à la journaliste et élaboré leurs écrits d’après la charte éditoriale imposée.

Edith Neveu (professeur d’H.G.), Nathalie Lasmoles (professeur documentaliste)

Voici le fruit de leur travail et leurs impressions.... bonne lecture !

LE PRIX BAYEUX DES LYCÉENS – CITOYEN DU MONDE

Ils l’ont dit…

EN CHIFFRES

3 km, c’est la distance qui sépare Daesh des peshmergas kurdes dans une zone située à 56 km de Moussoul. Depuis plus de 2 ans, le groupe Etat Islamique cherche à contrôler les villages alentours.
Delafosse Alizée, 1ère L2

3, c’est le nombre de bombardements russes le même jour sur la ville d’Ariha en Syrie. Dans un marché de fruits et un parc, 11 personnes ont trouvé la mort dont une femme et un garçon de 10 ans.
Berichon Amélie, Bouland Clara, 1ère L2

20 000, c’est le nombre de jeunes de 15 ans qui séjournent à Gaza dans les camps du Hamas. Ils apprennent à manipuler des armes et s’entraînent pour la guerre.
Allain Inès, 1ère L2

100, c’est le nombre de victimes tuées par un terroriste de Daech. Âgé de 25 ans, condamné à mort, le jeune terroriste explique qu’il n’a jamais pris conscience du nombre de morts qu’il a causé.
Lefebvre Héloïse, 1ère L2

120, c’est le montant en euros du salaire mensuel d’un djihadiste de Daech, s’il est célibataire. Ce salaire peut être doublé et augmenté de bonus selon l’importance de la mission du terroriste.
Lefebvre Héloïse, 1ère L2

119 C’est le nombre de morts, dont 24 enfants, durant l’une des attaques au Yémen à Mastaba le 15 mars 2016 dans le nord du pays. Ce fut une des attaques les plus meurtrières à ce jour.
Millard Ambre, 1ère L2

50%, c’est le pourcentage des moins de 15 ans à Gaza. Ces jeunes sont envoyés dans des camps d’été du Hamas afin d’être entraînés pour la guerre.
Lassalle Valentine, 1ère L2

6500, c’est le nombre de civils tués par des frappes aériennes au Yémen, 2 millions de personnes fuient leurs pays pour survivre à ces attaques.
Haulard Marie, 1ère L2

AVEC DES MOTS

Adieu, c’est le mot que les soldats, les amis, la famille n’ont pas eu le temps de prononcer à leurs proches disparus. C’est le quotidien de nombreuses familles ukrainiennes.
Fossé Chloé, 1ère L2

Combinaison Jaune, c’est la couleur des uniformes des prisonniers de Daech en Irak qui sont interrogés et ensuite mis à mort.
Ruppé Marine, 1ère L2

Survivre au Yémen, les frappes aériennes font de nombreux morts. Deux millions de personnes fuient leurs maisons pour trouver un abri, laissant leurs biens et leur vie derrières eux.
Julie Marie, 1ère L2

Espoir pour la jeunesse de Gaza traumatisée par la guerre. Depuis l’été 2015, grâce à Amjed Tantesh, simple fermier, des enfants peuvent apprendre à nager dans une piscine naturelle et oublier la guerre.
Olivier Marie, 1ère L2

LE PRIX BAYEUX POUR MOI, C’EST…

« Il n’y a pas longtemps que j’ai quitté le lycée. Le prix Bayeux a 20 ans, je n’ai donc pas assisté à la première édition. Mais je sais que cette initiative permet à des lycéens de comprendre les difficultés du métier de journaliste, d’interpréter différemment ce que l’on peut voir à la télévision. Ce n’est pas tous les jours qu’une reporter qui a des difficultés dans son pays d’origine apporte un témoignage aussi poignant. »
H.Guillochin, élu de la mairie de Bayeux
Lévy Léa, 1ère L2

REGARDS SUR LES ESPACES DE CONFLIT

Reportage n°7 « War is a bitch » UKRAINE – Juillet 2015

Ukraine, la guerre frappe jour et nuit ses terres sans répit. Des canons explosent au-dessus des têtes des reporters qui se dépêchent de se mettre à l’abri tandis que dans le camp des ukrainiens ripostent des snipers, une cigarette à la main. Daniel, 19 ans avait rejoint l’armée au printemps 2014 ; il voulait faire la guerre. Il avait conscience de ce qui l’attendait mais persistait à combattre. Sa patrie a été envahie, faute à une occasion manquée entre le rapprochement de l’Ukraine et de l’Europe Occidentale en 2013. Cette guerre dont les dégâts matériels sont importants touche autant les civils que les soldats ; ils sont brisés psychologiquement. Ces circonstances proches de la Première Guerre Mondiale n’en finit pas de faire des morts, et Daniel a fini par les rejoindre.
Zhang Ruilin, 1ère L2

Les journalistes partis en Ukraine ont bien démontré le quotidien des soldats qui combattent dans des tranchées, comme pendant la première guerre mondiale. Ils parviennent à retranscrire leur état d’esprit, les dangers qu’ils affrontent, comme ce tir de mortier qui tombe à quelques mètres d’eux. Lors des rares pauses qu’ils s’autorisent, ils fument, parlent, mais on constate clairement qu’ils sont épuisés, brisés psychologiquement. Le garçon interviewé, Daniel, avait 19 ans quand il s’est engagé. Il a perdu un ami proche, et n’a pas pu aller à ses funérailles. Daniel est décédé peu après le départ des journalistes. Toute cette guerre découle d’un refus de l’ex-président Ianoukovytch de signer un accord en 2013 pour un rapprochement entre Europe occidentale et Ukraine.
Savalle Alice, 1ère L2

De mai à juillet 2015, des journalistes se sont rendus à Shyrokyne et à Pisky à la rencontre des soldats de l’armée Ukrainienne. Les combats qui sont difficiles et intenses les épuisent physiquement et psychologiquement. Certains se disent prêts à arrêter de combattre à tout moment.
Daniel, un civil de 19 ans devenu soldat Ukrainien, qualifie même la guerre de « pute ». Selon eux, les conditions de la guerre dans les tranchées ne sont pas mieux que celle de la première guerre mondiale. Un cessez le feu a été donné, sans pour autant que cela s’arrête.
Les civils sont aussi victimes de cette situation désastreuse, plus de 6 800 personnes ont été tuées depuis le début des combats.
D’ailleurs, Daniel raconte qu’il a perdu son meilleur ami, tué par un obus. A la fin de la vidéo nous apprenons sa mort.
Delaunay Kelly, 1ère L2

Ukraine, la guerre frappe jour et nuit sans répit. Des canons explosent au dessus des têtes des reporters qui se dépêchent de se mettre à l’abri pendant que dans le camp des ukrainiens des snipers ripostent, une cigarette à la main. Daniel, 19 ans avait rejoint l’armée au printemps 2014 ; il voulait faire la guerre. Il avait conscience de ce qui l’attendait mais persistait à combattre. Sa patrie a été envahie, faute à une occasion manquée entre le rapprochement de l’Ukraine et de l’Europe Occidentale en 2013. Cette guerre dont les dégâts matériels sont importants touche autant les civils que les soldats ; ils sont brisés psychologiquement. Ces circonstances proches de la Première Guerre Mondiale n’en finissent pas de faire des morts, et Daniel a fini par les rejoindre.
Zhang Ruilin, 1ère L2

L’Ukraine, pays en guerre à la frontière de la Russie. De mai à juillet 2015, des journalistes sont allés jusqu’au front pour y recueillir images, informations et témoignages de soldats ukrainiens, des civils, pour la grande majorité. Un soldat de 19 ans nommé Daniel, nous parle de cette guerre de tranchées qu’il compare à celle de la première guerre mondiale. Elle ne touche pas que des soldats, mais aussi les populations obligées de fuir à cause des cessez le feu non respectés. Les maisons sont détruites. La santé psychologique des civils impliqués dans cette guerre est détruite aussi. Daniel nous dit que la guerre est une « pute » et qu’elle ne fait pas avancer le pays économiquement. Le soldat interrogé est mort peu après la fin du tournage comme son meilleur ami à qui il n’avait pu dire au revoir.
Bienfait Maud, 1ère L2

Reportage n°6 « Être fait comme un rat : la vie à Gaza » GAZA – Juillet 2015

Ce reportage offre une vision double d’une enfance vécue dans la bande de Gaza : d’une part l’éducation de ces jeunes adolescents de 14 ans à l’art de la guerre, d’autre part l’enseignement des rudiments de la natation à des enfants brisés par cette ultra-violence. Le parallélisme est frappant entre l’organisateur des camps d’été qui compte faire de ces enfants de « vrais chevaliers de la Palestine » et Amjed Tantesh, un modeste fermier qui grâce à son projet de parrainage sur Internet a pu financer la construction d’une piscine sécurisée visant à divertir les jeunes des affres des guerres successives (la troisième depuis 2014). Des images du quartier résidentiel de Shejaiya réduit à l’état de ruines rappelle le quotidien des enfants de Gaza, dont la population est composée à 50 % d’adolescents de moins de 15 ans. 50 % est aussi le pourcentage d’enfants ayant perdu un proche ou un ami.
Raas Cécile, 1ère L2

Reportage n°2 « The forgotten people of Yemen’s war » YEMEN – 27 mars 2016

Depuis 2014, le Yémen est au centre d’un conflit régional entre les rebelles chiites zaïdistes (Houthis) et le gouvernement de Abd Rabbo Mansour Habi. En 2015 le conflit a pris des proportions internationales avec l’intervention de pays musulmans menés par l’Arabie Saoudite. Pas moins de 6 000 morts, 2 millions de déplacés, un tiers de la population en souffrance alimentaire. Les autorités internationales se voilent la face sur la situation actuelle du Yémen, alors que les civils sont les plus visés. Dans le nord du pays, à Haydan 1’ hôpital, géré par MSF, a été bombardé.
Au nord du Yémen, dans la région de Mastaba, des raids aériens ont fait 119 morts dont 24 enfants dans le marché de Khamis, qui est contrôlée par les Houthis.
N’jiba Séphora, 1ère L2

Reportage n°1 « De la Turquie à la Grèce » Turquie / Grèce – Du 7 au 10 septembre 2015

En 2015, plus d’un million de réfugiés ont traversé la Méditerranée, route périlleuse pour un avenir incertain. Les réfugiés s’entassent dans la ville d’Izmir en Turquie pour se rendre en Grèce. Les passeurs, les « marchands d’espoirs », annoncent le départ du pneumatique via facebook. Après avoir voyagé, entassés dans une bétaillère et dormi dans une oliveraie, les migrants épuisés attendent les prochaines consignes. Au matin, 43 personnes montent sur l’embarcation de fortune. Le passeur désigne un capitaine parmi la foule. 10 kilomètres séparent la Turquie de la Grèce. La barque approche des eaux grecques mais le bateau des gardes-côtes turcs tente de les arrêter. Des coups de feu sont tirés. Finalement, les gardes-côtes turcs se retirent. Les migrants accostent soulagés et heureux. Cette étape périlleuse n’est que le début de ce qui les attend en Europe.
Côté Isaac, 1ère L2

RENCONTRES AVEC LES REPORTERS

Interview d’une journaliste Rwandaise

Arrivez-vous à maîtriser vos émotions lorsque vous êtes confrontée à des situations choquantes ?
“C’est très dur de maîtriser ses émotions mais cela fait partie du métier”. Maîtriser ses émotions est en effet difficile notamment lorsqu’on est confronté à des personnes mal nourries ou en mauvaise santé, c’est très émouvant. En revanche, seule l’objectivité permet de montrer le vécu de ces personnes, de les mettre en lumière.
Legrand Mélody, 1ère L2

Quelles ont été les motivations qui vous ont poussées vers le métier de journaliste/reporter ?
« J’avais simplement envie de dire ce que les autres n’osaient pas dire » répond Béatrice.
Dans son propos, « les autres » désignent les Rwandais atteints de paludisme, sida et autres souffrances. Problèmes non médiatisés qu’elle veut mettre en lumière.
Pour ce faire, Béatrice collecte des données pour des projets humanitaires, comme celui de Columbia University en partenariat avec L’ONG AVSI Rwanda. Elle donne aussi de son temps dans des camps de réfugiés congolais au Rwanda. Son but principal est de dénoncer l’oppression subie par les personnes restées dans l’ombre. Mais le gouvernement, en désaccord avec la diffusion ses émissions démontrant les points négatifs de sa politique, la menace, la perquisitionne et l’arrête.
Ambre Millard, 1ère L2

Le journalisme peut-il permettre une avancée vers la démocratie au Rwanda ?
Les journalistes sont muselés, harcelés et parfois assassinés. Le chef d’état censure les médias, au Rwanda les journalistes vivent dans la peur. Selon Béatrice si on laisse les journalistes diffuser l’information, réaliser leur reportage, alors le Rwanda avancera vers le chemin de la démocratie. Les journalistes servent à informer la population. Selon Béatrice, les journalistes doivent se battre pour la liberté d’expression dans leur pays.
Slimani Massi, 1ère L2

Documents joints

Post-scriptum

Découvrez les dessins illustrant les reportages et réalisés par les 1ère L2 : en pièce jointe.

Pour en savoir plus sur le Prix Bayeux des correspondants de guerre : http://www.prixbayeux.org/actions-scolaires/